Négocier
avec les ressources de la persuasion
Nous croyons, généralement,
que si nous développons des arguments – voir des contre-arguments – rationnels,
solides et bien construits, nous parviendrons à imposer nos
vues à nos interlocuteurs. Convaincre une personne qu’elle
a tort, que ce qu’elle dit est erroné parce que… ne
suffit pas : Si l’on veut persuader cette personne de faire quelque
chose - adhérer à un projet ; entreprendre une
action ; commettre un acte précis comme signer un engagement,
par ex., etc… - cela exige qu’elle soit libre non seulement
de vouloir et d’agir, mais aussi de penser, de croire ou de décider.
Ce qui complique les choses, c’est que l’on ne peut séparer
le discours logique de l’ensemble des émotions et sentiments
qui habitent les individus : dans tout rapport humain, il y a un échange émotionnel
invisible, difficile à détecter, qui vient du fait que,
conscients ou non, nous influençons les humeurs de nos semblables
et ne cessons d’ « attraper » les émotions d’autrui.
Ces émotions sont contagieuses, elles envoient des signaux
d’alarme et n’ont pas besoin de mots ; les occulter ou les
ignorer prépare à des déconvenues …même
et surtout dans les négociations d’affaires :
Depuis Aristote, nous savons que c’est en suivant les raisonnements
et modes de fonctionnement mentaux de l’interlocuteur, et en faisant
appel aux motivations, émotions et besoins qui lui tiennent le
plus à cœur, que nous pouvons l’ « accrocher » le
plus solidement.
Ce processus est indissociable de celui de la négociation.