Négocier, c’est installer la relation adéquate
Quelque
soit notre culture, nous avons tendance à cacher notre jeu du moins au
départ, avant que ne soit construite une relation établie
sur la confiance. Il nous arrive aussi – pressés par le
temps et le souci de demeurer rationnels et efficaces – d’abréger
les préliminaires de courtoisie (le small-talk des anglo-saxons)
pour aller directement sur le sujet de fond à traiter en exposant
tout de go les arguments à l’appui de notre position.
Ce qui va amener nos interlocuteurs à croiser le fer dès
le début à coup de contre-arguments … Et voici
que la négociation devient une joute oratoire, susceptible de
compromettre une relation et provoquer un blocage.
Par ailleurs, lorsque
nous négocions avec des interlocuteurs
latins, orientaux ou asiatiques, ceux-ci nous obligent pratiquement à prendre
leur rythme, plus soucieux qu’ils sont d’établir une
relation de confiance préalablement à toute transaction.
Et l’on observe que lorsqu’ils estiment cette relation satisfaisante,
l’échange de concessions est plus rapide, la discussion
plus fluide et les arguments moins antagonistes.
Cette relation de confiance a besoin, pour se construire, de trois ingrédients
: le premier peut s’exprimer par une sorte de connivence qui se
crée lorsque l’on se découvre des intérêts
communs ou partagés (pour l’art, le sport, la chasse par
exemple, ou pour d’autres activités), le second tient dans
les rituels observés lors des rencontres et qui sécurisent
les individus (par exemple, à chaque réunion l’on
passe en revue ce qui avait été dit lors de la précédente,
et qui a été fait de façon conforme) et enfin le
troisième qui se manifeste par une règle du jeu, tacite
ou non, mais convenue.