Négocier en équipe
Le nombre fait-il
la force ?
Dans les relations
d’affaires, il est communément admis
que se présenter à plusieurs (deux au moins, trois
c’est
mieux) contribue à renforcer l’impression de force et
de présence que l’on souhaite créer.
De nombreuses observations ont souligné les autres points forts
de la discussion entre équipes : celles-ci procèdent à des échanges
d’informations plus complets, parviennent à des appréciations
plus aiguisées des « gens d’en face, et sont
capables de créer plus de valeur qu’un négociateur
isolé.
Le nombre fait peut-être
la force, mais plus sûrement la
qualité (du jugement, de l’échange, et surtout
de la créativité) Préparer sa négociation
avec les membres de l’équipe que l’on
constituera et qui oeuvrera lors des discussions constitue un entraînement
indispensable ; il favorisera la créativité (sous
la forme d’options, de solutions alternatives, etc.)
aussi bien que la réactivité maîtrisée
lors des échanges.
Mais préalablement cela aura permis aux négociateurs
de l’équipe de synthétiser une stratégie
de négociation (dans
le sens complet du terme) et d’envisager nombre de
tactiques et de contre-tactiques pour garder la maîtrise
du processus.
Lorsque l’on
négocie des projets complexes avec des partenaires étrangers,
(asiatiques
notamment), l’on ne manque pas d’être interpellés
par le jeu de rôles dans l’équipe de
négociateurs.
Le plus souvent nombreux, ils alignent aussi bien des experts
que des intervenants, ou que des personnages silencieux et observateurs …lesquels
ne sont pas les moins importants dans la hiérarchie. Alors
que les occidentaux, latins en particuliers, sont moins nombreux,
avec un
chef « très visible » prenant la parole plus
souvent qu’à son tour et montrant qu’il tient
le pouvoir de choisir et de décider. (Or un décideur
qui conduit la négociation
peut se trouver en position délicate si la tension monte,
ou si la discussion mène à l’impasse : une
temporisation sera vraisemblablement perçue comme un recul,
avec la perte de crédibilité qui en découle…)
Avant d’installer
une « relation de qualité » avec
l’équipe d’en face, il importe d’explorer
tous les aspects pouvant impliquer d’autres personnages
de son entreprise (les mandants ; ou ceux pour qui l’on
négocie) : cette
négociation interne, préalable, est
un premier « rodage
de l’équipe » en même temps que la
définition
du mandat (enjeux et objectifs), ses limites (seuils
et alternatives) et la règle du jeu que l’on
souhaite installer lors des discussions avec l’autre
partie.
Ainsi, la préparation
de la négociation interne commencera
par l’identification des acteurs ou
des « stakeholders » (responsables concernés à quelque
titre que ce soit) dans
l’entreprise, la compréhension de leurs
intérêts
profonds,de leur possible hostilité ou adhésion, de
l’influence qu’ils peuvent exercer,
puis de la hiérarchisation des
multiples intérêts afin d’envisager des « tradeoffs » possibles
. Ce même exercice sera entrepris par l’équipe
sur la partie d’en face, en « chaussant leurs
bottes » virtuellement, de façon à initier
une simulation du jeu de la négociation
qui s’affinera au cours des discussions en temps réel.
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