La Force en négociation
Anticiper l’échec
n’est guère motivant pour celui qui entreprend un effort
pour gagner ou obtenir quelque chose, tout le monde en conviendra.
Mais négocier sans savoir ce que l’on est susceptible
de faire si la négociation n’aboutit pas est tout aussi
périlleux, car l’on risque de se voir contraint d’accepter – à contre
cœur – des conditions peu satisfaisantes faute d’alternatives
ou de solutions de repli.
Il est utile d’avoir, comme le dit l’adage, plusieurs fers
au feu : les solutions de repli- ou alternatives à la négociation – sont
celles vers lesquelles on se dirigera si la négociation ne parvient
pas à un résultat meilleur. Sinon, pourquoi négocier ?
Voici, en termes brefs, comment un négociateur va « travailler » la
situation dans laquelle il se trouve avec ses interlocuteurs : agir sur
des éléments factuels pour modifier la situation, et influer
sur la perception qu’ont ses interlocuteurs de la nouvelle situation
créée, en les aidant à découvrir soit ce
qu’ils ont à perdre si aucun accord n’est conclu,
soit ce qu’ils ont à gagner en acceptant un accord qui offre
mieux et plus que leurs propres alternatives. Ainsi, quitter la table
de négociation est souvent considéré comme une batna.
Cela est assurément une alternative, mais est-ce bien la meilleure… si
l’autre partie n’a rien à y perdre ?
S’il
fallait redire l’utilité de la batna – la
meilleure des alternatives à la négociation – l’on
pourrait rappeler qu’elle constitue à la fois le point
d’entrée
de la négo (s’il n’est pas possible d’obtenir
plus que ce qu’elle offre, peut-être vaut-il mieux ne pas
entrer en négociation), le point de sortie (savoir quand s’arrêter,
le plus grand danger étant que l’on se sente obligé de
conclure faute d’alternatives) ainsi que la réserve de pouvoir en négociation (on sait où l’on va et ce que l’on
fera quelle que soit l’issue).