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Créer de la valeur avant de se la répartir
Loin de se résumer à un « bras
de fer » , la négociation – de salaire par exemple
, qui met face à face l’employeur ( qui a la force de
la décision ) et le salarié ( qui est subordonné ) – est
caractérisée par un paradoxe de base , que l’on
peut résumer comme suit :
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pour « créer
de la valeur » (
on dit aussi « pour
agrandir le gâteau » ) il faut établir
un climat de « coopération » avec
son interlocuteur , car cela ne se fait que conjointement. Travailler
ensemble sur des options nécessite une ouverture , une
bonne communication , des efforts partagés de créativité ,
et une volonté de
résoudre ensemble les problèmes : l’exercice
qui consiste à imaginer – de façon débridée – des
solutions sortant des schémas conformistes habituels est
riche de résultats ( l’esprit Win-Win ).
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mais
quand vient le moment de se répartir cette valeur créée
, l’individu ne peut s’affranchir d’un comportement « égoïste « ,
tout comme son interlocuteur (on est dans l’esprit
Win-Lose).
La question est alors « quelle part du gâteau
pour chacun » ?
Dans ce « chacun pour soi » vont apparaître
les stratagèmes – dissimulation
, rigidité , bluff, menaces , entre autres – et
tactiques que les négociateurs vont déployer
pour maximiser leur part.
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Si
l’un des deux se montre ouvert
et désireux de créer
de la valeur , l’autre pourrait exploiter cette ouverture à son
avantage. Si , au contraire , l’un des deux aborde
la négociation
par la dimension « égoïste » ,
l’autre
sera vraisemblablement amené à faire de même
pour se protéger . On mesure les effets pervers
de cette dynamique : confrontations, impasses , relations
tendues , conflits
, accords précaires.
Le
négociateur habile est celui
qui évitera de tomber dans
le piège qui consiste à opposer « création » et « répartition » de
la valeur ( le « plus » créé par
la négociation )
mais qui saura gérer l’inévitable
tension entre ces deux dynamiques . L’ écueil à éviter
est d’aborder
la « distribution » avant d’avoir
achevé la « création » conjointe
de valeur : pour en revenir à la négociation
de salaire , afficher ses « prétentions » ou
exigences avant d’avoir soigneusement exploré l’étape
précédente
s’avère souvent contreproductif.
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